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Produit de contraste : pourquoi l'injecter et est-ce dangereux ?

Photo du rédacteur: Emilie Cohen Vallet
Emilie Cohen Vallet
il y a 1 jour
6 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 10 heures


« Pourquoi doit-on m'injecter un produit ? », « Est-ce que c'est dangereux ? », « Je suis allergique à l'iode, je ne peux pas faire mon scanner ? »… Ces questions, nous les entendons chaque jour dans nos centres de radiologie de Savigny-sur-Orge et Viry-Châtillon, en Essonne (91). Dans la vidéo du mois, Sarah, radiologue, y répond en quelques minutes. Cet article va plus loin : à quoi sert vraiment le produit de contraste, quelles différences entre scanner et IRM, comment démêler le vrai du faux sur l'allergie à l'iode, et comment bien préparer votre examen.


Qu'est-ce qu'un produit de contraste ?


Un produit de contraste est une substance injectée le plus souvent dans une veine du bras, juste avant ou pendant l'examen. Il circule dans le sang et modifie temporairement la façon dont les organes, les vaisseaux et certaines lésions apparaissent sur les images. Il est ensuite éliminé naturellement, principalement par les reins, dans les heures qui suivent.


On peut le comparer à un surligneur : sans lui, tout le texte est lisible, mais certains détails importants passent plus facilement inaperçus. Avec lui, ce qui doit attirer l'attention du radiologue ressort nettement.


À quoi sert l'injection d'un produit de contraste ?


Le produit de contraste aide le radiologue à répondre précisément à la question posée par votre médecin. Il permet notamment de :

  • visualiser les vaisseaux sanguins (artères, veines) et repérer un rétrécissement, une dilatation ou un caillot ;

  • caractériser une lésion : distinguer, par exemple, un simple kyste d'une anomalie qui nécessite un suivi ;

  • détecter une inflammation ou une infection, qui se rehausse différemment des tissus sains ;

  • faire un bilan d'extension ou un suivi de traitement, en comparant les images d'un examen à l'autre.


Résultat : un diagnostic plus précis, et souvent moins d'examens complémentaires par la suite. Pour en savoir plus sur le déroulement de ces examens, consultez nos pages Scanner et IRM.


Scanner, IRM : des produits de contraste différents


Il n'existe pas « un » produit de contraste, mais plusieurs familles, adaptées à chaque technique d'imagerie :


Examen

Type de produit

Bon à savoir

Scanner

Produit de contraste iodé

Injection dans une veine du bras, souvent avec une sensation de chaleur passagère.

IRM

Produit à base de gadolinium

Famille totalement différente des produits iodés, injectée en petite quantité.

Radiologie interventionnelle (infiltration, arthrographie…)

Iodé ou gadoliné selon le geste

Le produit sert surtout à guider l'aiguille ou à visualiser l'articulation.

Radiographie standard, mammographie

Pas d'injection

Ces examens se font sans produit de contraste.


Conséquence importante : avoir mal toléré un produit iodé lors d'un scanner ne signifie pas que vous réagirez au produit utilisé en IRM, et inversement.


Pourquoi l'injection n'est-elle pas systématique ?


Tous les examens n'ont pas besoin de produit de contraste. Un scanner pour rechercher un calcul rénal ou une fracture se fait par exemple très souvent sans injection, alors que l'exploration d'un vaisseau ou d'un organe comme le foie en nécessite généralement une.


Que l'injection soit mentionnée ou non sur votre ordonnance, c'est le radiologue qui décide, au moment de l'examen, en fonction de la question médicale, de vos antécédents et parfois des premières images obtenues. L'objectif est toujours le même : utiliser le produit uniquement lorsqu'il apporte une information utile.


Allergie à l'iode : démêler le vrai du faux


L'« allergie à l'iode » est l'une des idées reçues les plus répandues en imagerie. En réalité, l'iode est un élément naturellement présent dans notre organisme : on n'y est pas allergique. Les rares réactions observées sont liées à la molécule du produit de contraste dans son ensemble.


Les idées reçues

  • « Je suis allergique aux fruits de mer, donc à l'iode » : faux. Une allergie aux crustacés est liée à des protéines de l'aliment, sans rapport avec les produits de contraste.

  • « J'ai réagi à la Bétadine, donc je ne peux pas avoir d'injection » : faux. Une réaction à un antiseptique n'implique pas de réaction au produit de contraste.

  • « J'ai eu chaud et un goût métallique lors de mon dernier scanner, je suis allergique » : faux. Ce sont des effets attendus et sans gravité (voir ci-dessous).


Ce qu'il faut vraiment signaler

En revanche, si vous avez déjà présenté une réaction lors d'une précédente injection (plaques rouges, démangeaisons, gonflement, gêne respiratoire, malaise), signalez-le impérativement lors de la prise de rendez-vous et le jour de l'examen. Si possible, apportez le nom du produit concerné. Un bilan auprès d'un allergologue permet souvent d'identifier un produit alternatif bien toléré : une réaction passée n'interdit donc pas forcément un nouvel examen injecté.


Effets bénins ou vraie réaction allergique : comment faire la différence ?


Effets fréquents et sans gravité

Signes à signaler immédiatement

Sensation de chaleur dans tout le corps, parfois au niveau du bassin

Plaques rouges, urticaire, démangeaisons

Goût métallique dans la bouche

Gonflement du visage, des lèvres ou de la gorge

Nausées, voire vomissement passager

Gêne respiratoire, toux, sifflement

Disparition en quelques secondes à quelques minutes

Malaise, sensation de faiblesse importante


Les véritables réactions allergiques sont rares. Elles surviennent le plus souvent dans les minutes qui suivent l'injection, c'est pourquoi l'examen se déroule toujours sous surveillance médicale, avec une équipe formée et immédiatement disponible. Plus rarement, une éruption cutanée peut apparaître dans les jours suivants : dans ce cas, contactez le centre ou votre médecin.


Avant l'examen : comment bien vous préparer


Pour que l'injection se fasse dans les meilleures conditions de sécurité, pensez à nous informer si vous êtes concerné(e) par l'une de ces situations :

  • une réaction lors d'une précédente injection de produit de contraste ;

  • une maladie des reins ou une insuffisance rénale connue : un dosage récent de la créatinine peut vous être demandé ;

  • un diabète traité par metformine : le radiologue vous indiquera la conduite à tenir ;

  • une grossesse, même possible, ou un allaitement en cours ;

  • un asthme ou des allergies sévères nécessitant un traitement.


Le jour de l'examen, apportez votre ordonnance, vos anciens examens d'imagerie et, le cas échéant, vos résultats de bilan allergologique ou de prise de sang. Suivez également les consignes (jeûne, hydratation) qui vous sont communiquées lors de la prise de rendez-vous. Une question ? Nos secrétariats sont joignables via notre page Contacts.


Après l'injection : les bons réflexes


  • Buvez de l'eau dans les heures qui suivent (sauf restriction médicale) pour faciliter l'élimination du produit.

  • Reprenez vos activités normalement : dans la grande majorité des cas, rien ne vous empêche de conduire ou de travailler.

  • Signalez tout symptôme inhabituel survenant dans les jours suivants au centre ou à votre médecin.


En résumé


Le produit de contraste n'est utilisé que lorsqu'il est utile au diagnostic, et c'est le radiologue qui en décide. Les produits utilisés au scanner et à l'IRM sont différents, l'« allergie à l'iode » est le plus souvent une idée reçue, et les sensations de chaleur ou de goût métallique sont normales. Les produits de contraste sont aujourd'hui très largement utilisés et bien tolérés, et votre sécurité est vérifiée à chaque étape. Pour aller plus loin, lisez aussi notre article Les examens d'imagerie médicale sont-ils dangereux ?.


Questions fréquentes sur le produit de contraste


Faut-il être à jeun avant une injection de produit de contraste ? Les consignes peuvent varier selon l'examen. Suivez simplement les indications qui vous sont données lors de la prise de rendez-vous, et n'hésitez pas à nous appeler en cas de doute.


Combien de temps le produit reste-t-il dans le corps ? Il est éliminé en grande partie par les reins dans les 24 heures qui suivent l'examen. Boire de l'eau aide cette élimination.


Le produit de contraste est-il dangereux pour les reins ? Chez une personne dont les reins fonctionnent normalement, le risque est très faible. En cas de maladie rénale connue, le radiologue adapte la prise en charge : dosage de la créatinine, hydratation, choix du produit ou de l'examen.


J'ai déjà fait une réaction : puis-je repasser un examen avec injection ? Oui, dans la plupart des cas, à condition de le signaler en amont. Un bilan allergologique permet souvent de trouver un produit alternatif bien toléré, et le radiologue peut aussi proposer un examen différent si nécessaire.


Puis-je allaiter après une injection ? Parlez-en au radiologue le jour de l'examen. Selon les recommandations actuelles, l'allaitement peut le plus souvent être poursuivi normalement.




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